Voici
la copie du message adressé ce soir à Mme Nadine Morano, Secrétaire d'État à la Famille, qui rencontrera vendredi prochain l'ensemble des Directeurs et Présidents de toutes les Caf de France.
Vous pouvez, vous aussi, si vous le souhaitez, interpeller cette personnalité politique en vous rendant sur le bas de la page de son blog. Et oui nos représentants aussi s'y mettent.
Photo tirée du site de l'Assemblée Nationale
Lettre virtuelle d'une situation bien réelle adressée Madame Nadine Morano
Secrétaire d'État à la Famille
Madame la Secrétaire d'État à la Famille,
Permettez-moi tout d'abord de vous dire à quel point la
modernité technologique me surprendra toujours, offrant aujourd'hui la possibilité au modeste citoyen que je suis, d'écrire "directement" à ses Ministres, Secrétaires d'État, tous ces
représentants élus ou non que je croyais jusque là inaccessibles et lointains. Les clics de souris et touches du clavier remplacent aisément plume et feuille blanche. La proximité du
dialogue est désormais palpable puisque directe.
J'ose toutefois espérer sans utopie que vous lirez personnellement ce message adressé via votre blog dont je viens à l'instant d'apprendre l'existence. Un peu comme une rencontre virtuelle
ou un échange immatériel, je vous invite à prendre connaissance du blog que je viens de mettre en place suite au mécontentement régnant actuellement dans cette grande institution où j'exerce
le métier de technicien en législation sociale : la Caisse d'Allocations Familiales de la Gironde. Mes mots n'expriment que le strict reflet de l'impasse dans laquelle se trouve actuellement l'ensemble des
personnels confrontés à des décisions locales incohérentes et contestées de tous sauf de ceux qui en sont à l'initiative, en l'occurrence nos dirigeants régionaux.
Tel un "J'accuse" social des temps modernes, je vous invite, Madame la Secrétaire d'État à la Famille, à vous imprégner de toutes ces
aberrations locales dont sont victimes l'ensemble des salariés des Caf de France. De-ci de-là des directeurs accordent une avancée et de l'autre retirent tout ou partie d'un acquis, et
cela à discrétion, au gré de la géographie.
Vous n'êtes pas sans ignorer la précarité de la situation actuelle et le moral en berne qui en découle, mais comment pourrait-il en être autrement, je vous le demande.
Notre sous-directeur admet ouvertement, reconnaissons lui sa franchise, que ses propres salariés sont "sous-payés". Au contraire, je ne l'imagine pas "sous-rémunéré" compte
tenu des compétences qui sont les siennes. A moins de n'avoir pas compris, il me semblait que le mot d'ordre consistait à travailler plus pour gagner plus et non pas de s'investir, être
fictivement reconnus, pour au final devoir gagner moins, voire même devoir de l'argent à son patron. Oui, vous avez bien lu, et à la lecture de notre blog vous comprendrez aisément le
mécanisme implacable auquel je fais référence. Comment à t-on pu en arriver là?
Comment pour une même profession, une même grille de salaire, un personnel peut être mieux considéré selon son lieu d'affectation, ses dirigeants. A titre d'exemple, les députés ou
sénateurs perçoivent la même rémunération peu importe leur région d'appartenance. Pourquoi devrait-il en être autrement pour moi. En quoi ma situation devrait-elle être plus reconnue au Nord
que négligée au Sud ou inversement, les points cardinaux n'ayant aucune incidence en la matière. Je ne demande bien entendu pas le nivellement par le bas mais au contraire une nette amélioration
profitable à celles et ceux qui l'espèrent depuis de longues années sans jamais avoir été compris.
Vous expliquez sur votre site, Madame la
Secrétaire d'État à la Famille, que le pouvoir d'achat s'apprécie comme le résultat du travail de chacun et non pas comme un cadeau du Père Noël. Voilà longtemps que je ne crois
plus au Père Noël mais j'avais jusqu'à encore récemment l'espoir d'un bénéfice découlant de mon activité. Peine perdue, ma direction épuise mes dernières espérances un peu plus encore.
Pourtant, comme vous l'affirmez si bien en guise de bannière de votre page d'accueil, "Maintenant, tout est possible". Alors, n'hésitez surtout pas, Madame la Secrétaire d'État à la Famille,
lors de votre réunion avec les Directeurs et Présidents de l'ensemble des Caf de France, ce vendredi 21/11/2008, à leur répéter ce slogan. Parlez-leur de nous, modestes salariés de cette
institution essentielle aux yeux des français. Afin qu'ils comprennent qu'il leur suffit d'y mettre les moyens pour redonner le moral à leurs salariés démotivés par le manque de
reconnaissance. A eux de faire en sorte qu'enfin nous puissions récolter le fruit de nos qualifications, de notre polyvalence, de notre implication accrue par nos multiples
missions. Vous savez autant que moi que de moyens financiers ils en disposent, alors recommandez leur de les utiliser à bon escient pour que leurs employés depuis trop longtemps au pied
de l'échelle, puisse enfin vivre décemment. Notre pouvoir d'achat reflétera enfin la réalité de notre travail.
Vous connaissez mieux que quiconque toutes ces
disparités locales qui ne peuvent perdurer. La mission de service public qui nous a été confiée ne doit pas être bazardée au dépend de ceux qui la mettent en place au quotidien. J'espère en toute
sincérité que vous comprendrez l'urgence tant de la situation que de mes propos.
Veuillez agréer, Madame la Secrétaire d'État à la
Famille, l'assurance de mon profond respect.