Ce matin, quelle ne fut pas ma surprise en arrivant à mon poste. Je croyais que quelques collègues potaches
m'avaient fait une blague en posant sur mon micro le présent document. Rahhh les collègues sont parfois drôle je vous assure. Hihihihihihi.
Avouez qu'à 7h30 pétante ça donne le sourire et pas besoin d'ami ricoré pour bien commencer la journée. Bref un
mardi qui démarre dans l'euphorie et la bonne humeur malgré le RSA et mon petit salaire de misère. Je me contente de très peu comme vous pouvez le voir.
Mais bon, une fois le rire retombé, je détourne mon regard et constate avec surprise que l'humour ne m'était pas seul destiné puisque tous mes camarades avaient le papier sur leurs bureaux.
J'étais déçu d'avoir perdu l'exclusivité
. Voilà comment un smiley succède à un autre. Mais ce n'était qu'un début.
Car la photocopie avait un verso que je vous laisse le loisir de contempler.
Là tout d'un coup j'ai moins ris. J'ai presque eu l'envie de rentrer chez moi. Le message se voulait pourtant
joyeux et festif au recto.
On se félicite d'avoir obtenu un intéressement majoré de 50% d'un montant de 691€ nets pour tous y compris mon directeur. Magnifique, un grand merci à la CFDT pour cette manne financière que mon
directeur ne doit pas sentir passer contrairement à moi. A dire vrai je crois que sans prime je ne viendrai pas bosser tant ce sont elles qui me font passablement sortir la tête de l'eau mais qui
me couleront définitivement lorsqu'à la retraite elles n'auront jamais été comptabilisées , à la différence de mon petit salaire.
Alors super, maintenant on se congratule d'un truc obtenu, acquis et versé. Mais dans le même temps on ne nous informe pas de ce que les salariés réclament expressément et qui relève de la
compétence de nos représentants syndicaux : la réintégration de la prime d'accueil de 15%, l'amélioration des conditions de travail, l'augmentation de la valeur du point, l'attribution de
niveaux supérieurs pour les plus bas salaires, la reconnaissance de nos difficultés en particulier à la suite de la mise en place du RSA.... et j'en passe une liste longue comme le bras.
Les idées revendicatives ne manquent pas mais bon visiblement certains se contentent du strict minimum et l'affichent en couleur sur nos bureaux.
On ne vit pas les mêmes choses, les mêmes réalités. On ne communique pas sur ce que sont nos exigences. C'est un réel frein à l'évolution sociale dans nos organismes et la progression de nos
métiers.
Alors moi je dis MERCI aux agents d'avoir contribué à l'accomplissement des objectifs de la COG malgré les difficultés et j'invite les
syndicats à enfin mettre en exergue les attentes des salariés les plus modestes. Ces derniers ne peuvent se contenter de rester pauvres voire d'intégrer le RSA que notre cher directeur
niait bêtement dans notre organisme.
Aujourd'hui c'est plus la morosité qui s'exprime dans les services que la joie. Il faudrait descendre à la rencontre des agents pour s'en convaincre. Le dialogue passe aussi par nous.
C'est pour cela que vous êtes élus.