On savait que le RSA nous mettrait dans la difficulté, c'était trop beau pour être vrai. Les discours lissés nous promettaient monts et merveilles tant pour nous que pour les allocataires. Dans
la réalité on se retrouve submergés, à essayer de traiter une prestation que l'on ne maîtrise absolument pas et pour laquelle rien n'est vraiment calé. Il suffit de regarder les revirements
législatifs sur les pensions à réclamer aux ascendants, ou encore les délégations du Conseil Général qui peinent à être transmises alors que le paiement devra intervenir début juillet, et j'en
passe.
Bref ça nous tombe dessus et ça n'est pas la joie, nous le savions tous sauf nos chers décideurs, une fois de plus cloisonnés dans leur bulle rose et bleue.
Résultat des courses, sur site d'accueil on doit faire le travail classique de réception, normal c'est notre mission, mais en plus il nous faut prendre des rendez-vous RSA (10mn pour la prise de
contact) et instruire des dossiers que même des CCAS jusque là compétents en RMI ne veulent plus prendre à leur charge. On nous demande de faire le travail d'une assistante sociale avec un niveau
de rémunération moindre, c'est pas beau ça...
La situation n'était déjà pas évidente à l'accueil avant la mise en place du RSA et désormais on nous en rajoute une couche. Nous nous trouvions méprisés, sous-payés, non reconnus avec nos tâches
d'alors. Pour reconnaître notre métier et ses difficultés inhérentes notre directeur n'avait rien trouvé de mieux que de nous sucrer la prime de 15% qui existait depuis 1996. C'est désormais
chose acquise et d'ailleurs c'est le statu quo depuis avril sur le sujet. On sait à présent de sa part qu'il faudra nous en contenter et ne plus espérer de miettes.
Mais tout cela c'était avant juin 2009, avant ce fameux RSA dont ils sont fiers et sûrs comme de nos compétences. D'ailleurs ils nous en donnent de nouvelles, comme si nous n'en n'avions pas
assez. Mais ils le font sans contrepartie, pour ne pas changer. Déjà qu'on leur coûte moins cher, il ne faudrait pas changer leur concept et accroître les cadences avec une carotte derrière.
Cela pourrait nous motiver, vous vous rendez-compte.
Alors résultat des courses, la colère gronde sur les Points Relais. Les agents demandent à être enfin entendus et reconnus plutôt que traités comme de simples forces productrices.
Voici le message qui a été envoyé sur les différents sites d'accueil et transmis à l'encadrement guichet. C'est suffisamment clair, concis pour que j'ai besoin de vous en faire l'analyse.
Bonjour,
Suite à notre communication téléphonique, nous venons te confirmer nos craintes, nos interrogations grandissantes de jour en jour quant à notre prise en charge du
RSA.
La surcharge de travail engendrée par cette nouvelle prestation ( tests d'éligibilté, premiers contacts, instructions, enregistrement des données
socio-professionnelles, conseils à l'allocataire...)
ne nous paraît pas compatible avec la configuration actuelle de l'équipe ( 3 personnes ), le respect de nos engagements de service (temps d'attente), et la bonne
santé morale et physique des agents d'accueil !!!!
De plus, nous souhaiterions avoir connaissance des anomalies existantes et de leurs conséquences sur les paiements mensuels afin de mieux nous préparer aux
mécontentements (et c'est un euphémisme !) qui ne manqueront pas de surgir dés la semaine du 05 juillet.
Enfin, nous avons le sentiment de prendre à notre charge (sans formation et sans contrepartie financiére) un pan entier de la compétence des travailleurs
sociaux.
Il serait en effet naïf de penser que nos allocataires vont répondre par oui ou par non à des questions relevant de leur santé pysique, morale, de l'accompagnement
éducatif de leurs enfants....
Ces questionnements vont nous amener bien au-delà de ce pourquoi nous sommes formés et pour lequel nous avons postulé.
Dans ce contexte, nous pensons mériter une sérieuse prise en compte de nos inquiétudes et obtenir des réponses concrètes.
Cordialement,
Et voici un autre message envoyé cette fois-ci par le syndicat FO sur le même thème.
R S A
INSTRUCTION A L ACCUEIL
Tension , pression, surcharge , organisation défaillante , formation sur l'outil au jour le jour , stress , rendez vous trop court , pas de remplacement pendant le rendez vous , manque d'infos face à l'instruction , augmentation du temps d'attente ...
Dans ce contexte , les représentants FO ont rencontrés le directeur le 23 juin 2009 afin de faire état des difficultés et interrogations des techniciens sur point relais. Nous avons demandé :
- Le maintien de l'effectif habituel des techniciens
-L'envoi d'un technicien supplémentaire pour assurer les rendez vous
- L'amélioration des plages de rendez vous
- La formation en amont sur l'outil par un cadre et non par des agents (pas de maîtrise de l'outil)
- La banalisation des entretiens , pas d'isolement pour répondre au questionnaire
- Une meilleure information
Mr le directeur , indique qu'un debriefing va être réalisé en fin de semaine avec les techniciens et une organisation sera mise en place afin d'assurer l'accueil dans le respect des engagements de service et l'instruction du R S A en prenant en compte les inquiétudes des agents .