Jeudi 12 novembre 2009



On nous parle sans cesse chiffres et stats, mais je peux moi aussi fièrement et solennellement vous en donner qui ne vous mettrons aucune pression sauf si vous comptez parmi nos très chers décideurs : 41174 pages vues pour 15633 visiteurs.

Que le temps passe vite, 1 année et 365 jours plus tard voici le premier bilan comptable annuel du blog créé sur un véritable coup de tête un beau jour de déprime de novembre 2008. Son but était alors d'alerter, d'exprimer un vécu lourd et pesant imposé d'en haut par des gens qui n'en n'avaient même pas idée.
L'intention était aussi de fédérer et centraliser les avis de chacun ce qui donnera naissance au forum des salariés de la Sécu quelques mois plus tard, espace vivant sur lequel vous êtes chaque jour plus nombreux à prendre la parole (les 185 membres enregistrés y ont posté un total de 3705 messages à l'heure où je rédige ma prose).
Les échanges y sont francs, parfois virils mais toujours courtois. Mon petit doigt me dit que des amitiés s'y sont même formées.
Il est indispensable de confronter la multiplicité de nos points de vues pour que les choses évoluent dans un sens plus favorable. Savoir c'est comprendre, verbe primordial qui devrait orienter les décisions à venir.
La lutte est encore longue et le chemin semé d'embûches mais au moins le silence n'est plus de mise et la connaissance globale de nos institutions se fait de la parole de celles et ceux qui les composent et leur donnent vie quotidiennement dans la difficulté ou non.
Blog et Forum perdurent et continueront de vous tenir informés sur le terrain sans désinformation ni opacité. La langue de bois n'est pas de notre côté. Rien n'est figé et seuls vos mouvements contrecarreront l'immobilisme trop longtemps installé.

Merci à vous chers lecteurs et merci aux contributeurs. D'avance bienvenue à ceux qui s'ajouteront à la longue liste de participants.

Profitons sans fin de ces espaces de dialogues pour qu'enfin les statistiques tournent en notre faveur et que là haut, bien loin, on adopte une gestion plus rigoureuse du petit peuple des salariés car c'est vrai, derrière les chiffres et les stats se cachent de véritables être humains.






Par Petit Technicien N3 - Publié dans : Informations sur le Blog
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Lundi 9 novembre 2009





La Caf de la Gironde est un modèle du genre, de ceux qu'il faut exposer aux yeux du monde pour servir d'exemple et que chacun s'en inspire avec envie et délectation. Ce sera chose faite prochainement sur la sixième chaîne à une heure de grande écoute où la ménagère de moins de 50 ans verra ébahie comment on gère à merveille la fraude au sein de la Caisse d'Allocations Familiales girondine.
Mais bon sang que ça fera plaisir de trouver sa place sur le petit écran entre les arnaques à la carte bancaire, la cybercriminalité ou encore les putes de luxe (là j'extrapole, mais comme il faut toujours un sujet de ce genre pour faire grimper l'audimat, je me suis permis d'apporter ma touche personnelle à la ligne éditoriale, ces messieurs ne m'en voudront pas).

Nous sommes des stars, nous participons autant que faire se peut à l'effort de progrès attendu de tous en cette douloureuse période de crise. Et c'est en ces instants de misères qu'il faut cibler là où le bas blesse, là où une minorité détourne tous les petits sous qui pourraient permettre aux plus pauvres de l'être un tout petit peu moins. Mais si je veux bien admettre d'être une star (ça vous le saviez  déjà) j'apprends avec grand intérêt ma participation à la lutte contre les fraudes. Quelle somptueuse nouvelle malgré les simplifications administratives, les cadences de production, le surmenage au téléphone et à l'accueil où l'on oublie trop vite ce qu'on a pu dire les 5 min précédentes.
Ah oui ça pour lutter on lutte à chaque instant mais contre qui, si ce n'est contre ceux qui font qu'on n'arrive même plus à assurer le service public y compris pour les allocataires réglo qui n'ont pas fait appel à nous pour entuber le système mais juste pour faire valoir leur droit ou simplement sortir partiellement de la merde passagère ou ad vitam aeternam dans laquelle ils sont et/ou resteront.
Les délais enflent à vue d'oeil, difficile de faire face au RSA sans les moyens (humains et financiers) qui auraient dû venir avec. Et nos dirigeants semblent se plaindre du trop peu de demandeurs de la prestation à la mode alors que j'ai inversement l'impression de ne croiser que cela à l'accueil, en saisie, au téléphone, partout tout le temps. J'en cauchemarde du RSA et on voudrait m'en ajouter une couche car je n'en verrai pas assez parait-il. Zut alors! fais chier! les pauvres ne sortent pas de leur tanière et ne profitent pas pleinement des agents qu'on leur met à disposition gracieusement et pour pas cher. C'est d'ailleurs sympa en entretien car parfois entre salariés pauvres on se comprend, pas besoin de longs discours, les petits chiffrent suffisent. La proximité tant réclamée est à son paroxysme.
Enfin bref, revenons à la people-isation de notre institution. Nous serons regardés par la France entière. En retour, il nous a d'ailleurs été expressément demandé de poser sous notre plus beau profil, autrement dit de laisser nos gueules de con au placard et d'arborer l'image du salarié modèle qui tuerait père et mère pour valider la liquidation d'un dossier et conclure une analyse globale même si pour y parvenir il doit remuer ciel et terre afin de débusquer une dissimulation de vie maritale non encore connue de l'alloc en face. J'vous le fais en couleurs :
Mais oui Monsieur j'ai les analyses de vos prélèvements et les traces de sperme trouvés dans le lit de votre colocataire sont bien les vôtres. Désolé mais vous nous devez... oula je ne sais pas encore car les dossiers fraudes obéissent à un rituel savant qui dure plusieurs mois. Mais rassurez vous en attendant la décision finale vous pourrez continuez à vous amuser avec votre coloc autant que vous voulez puisque vous êtes déjà pris la main dans le ... euh... sac.

Je ne sais pas si les interviewers auront le droit de diffuser le moral des troupes actuels qui est tout sauf réjouissant. Auront-ils eu cette chance de filmer (au ralenti zoom X50) le crachat que la collègue a reçu voilà quelques jours, ou les insultes qui rebondissent 5 jours sur 7 sur nos êtres aussi bien qu'une balle de tennis sur surface rapide? Quitte à retranscrire notre travail autant montrer la réalité et la dureté de nos quotidiens.
Les journalistes seront venus, ils auront vus et nous auront vaincus c'est une certitude absolument certaine avec l'image tapageuse qui collera parfaitement à l'ensemble. Nous passerons certainement pour des incompétents qui ne font pas bien leur boulot car chacun sait qu'il est facile de nous berner par manque de moyen dans notre escarcelle. Il faut dire que le sujet est du vrai pain béni pour les médias, la fraude à la Caf c'est aussi vendeur que la prostitution ou le traffic de crack. Ça plaira, car chacun se rendra compte de l'ampleur du désastre et de l'incapacité notoire pour y faire face, à tous les niveaux de l'échelle. Comment pourrait-il en être autrement avec plus de 320.000 allocataires et seulement 10 contrôleurs assermentés. Et dire que c'est la CNAF qui a demandé à ce que le tournage soit réalisé chez nous. Je n'ose pas imaginer comment ça se passe ailleurs.
Chers collègues, vos enfants verront enfin en lumières et 16/9 (si vous avez eu les moyens de changer de tv) là où vous travaillez tous les jours. Vos amis et la France entière se feront l'éloge de votre savoir-faire pour un salaire de misère et des contraintes sans cesse accumulées.
Et dire qu'à l'accueil deux allocataires de suite sans autre ressources ni activité que le RSA m'ont apporté leur soutien devant l'ampleur des dégâts et leurs semblables qui peuplaient encore une salle d'attente comble à 5min de la fermeture. Ils étaient presque gênés de voir la lourdeur de la tâche avec les insultes et autres difficultés auxquelles nous devions gentiment et professionnellement faire face. Aucun de ceux là n'aurait voulu ma place. Les situations sont inversées car je n'aurai jamais imaginé avoir envie de prendre la leur. J'espère que sur M6 ils diront combien je gagne car pour nourrir et loger ma famille c'est un élément Capital.






Par Petit Technicien N3 - Publié dans : Ce qui se passe chez nous, à la Caf 33
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Lundi 5 octobre 2009





Un appel national et interprofessionnel est lancé pour le mercredi 7 octobre. Comme de coutume c'est la défense de nos emplois et une meilleure considération des salariés qui sont réclamés.
A la Caf 33 il apparaît clairement que notre direction n'a pas su prendre les mesures sociales qui s'imposent en faveur des personnels. Les dégradations des conditions de travail sont monnaie courante et nos chers dirigeants n'ont guère trouvé mieux que le mépris et la négligence comme réponse. Nous sommes habitués mais malgré nos efforts répétés pour leur faire entendre un minimum de raison c'est la porte close méprisante et tyrannique qui nous fait front.
Jusque là nous étions restés en sommeil mais nul doute que très prochainement la machine se remettra en ordre de marche pour faire plier ces abus et restaurer le bon sens de progrès que chacun mérite.

ENSEMBLE FAISONS ENTENDRE NOS SOUHAITS LEGITIMES DE RECONNAISSANCE ET DE RESPECT.

PS : pour changer, seule la CGT a su s'exprimer sur la question. On se demande bien ce que foutent les autres syndicats en matière de mobilisation et d'information. Et encore j'essaye de rester poli. Ils sont toujours absents du débat et ne se vantent que des miettes rétrogrades obtenues sans jamais nous avoir concerté. Là aussi il faudrait que ça change, et radicalement.





Par Petit Technicien N3 - Publié dans : Ce qui se passe chez nous, à la Caf 33
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Mercredi 23 septembre 2009




La devise olympique ne prévaut malheureusement pas sous nos cieux. Chez nous c'est l'immobilisme salarial qui prime.

Nous réclamions l'application d'une directive nationale de la Cnaf permettant aux nouveaux stagiaires Vademecaf de passer du niveau 2 au niveau 3 dès l'obtention de leur diplôme. La Direction a accepté sans en avoir le choix cette mesure pour les diplômés de mai 2009 mais elle l'a refusé sans vergogne pour ceux de décembre 2008.
Vraiment on progresse à une vitesse supersonique à la Caf 33, ça fait chaud au coeur. On peut se féliciter que nos dirigeants aient admis l'avantage considérable qui consiste à gagner 20 euros mensuels de plus aux jeunes salariés sans avoir à attendre 6 mois de validation après 24 mois de contrat de professionnalisation. Waouuuu comme on dirait chez Auchan.
Rappelons que le passage niveau 3 a toujours été d'une lenteur déconcertante dans notre caisse locale alors qu'ailleurs ça peut aller bien plus vite.
Un seul exemple flagrant : les techniciens de la Caf de Bayonne, miracle de la mutualisation, sont venus passer leurs formations en Gironde. Diplômés en Décembre 2008 en même temps que leurs collègues girondins, ils n'ont pas suivi le même parcours et sont passés niveau 3 dès cette date. Les techniciens de la Caf 33 auront attendus avril 2009 pour obtenir la même chose avec un paiement du rappel 4 mois plus tard en août.
A travail égal, salaire égal?
Plus rien ne nous étonne désormais, on avance chacun de son côté parce que c'est ce que souhaitent nos décideurs. La division pour asseoir leur règne leur va comme un gant. Il n'est pas question que ça change sous peine de favoriser nos jeunes collègues. Comment voulez vous qu'on évolue positivement si la Direction refuse des mesurettes de bon sens en notre faveur. Les économies de bout de chandelles se retourneront je l'espère contre eux.
Nous aurions les moyens de les faire trembler et aller de l'avant pour une fois. Si chaque fois nous montions leur rendre une petite visite au 5ème comme à la belle époque, je suis certain qu'ils se bougeraient un peu plus en notre faveur plutôt que de nous mettre des bâtons dans les roues de la promotion sociale. En outre qu'avons nous obtenu depuis le mise en place du RSA? Que dalle, nada, nothing.

A nous, salariés de base, on nous en demande toujours plus donc je suppose qu'à notre Direction on lui en demande toujours moins. En la matière elle remplit parfaitement son rôle. C'est la médaille d'or en vue.




Par Petit Technicien N3 - Publié dans : Ce qui se passe chez nous, à la Caf 33
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Lundi 24 août 2009



Non nous ne sommes pas en avril et non je n'ai plus envie de plaisanter sur le sujet même si parfois la situation est si rocambolesque (pour ne pas dire abracadabrantesque©) qu'elle ne vaut plus la peine d'en pleurer.
La rumeur tenace et non-démontrée par votre fidèle serviteur à fait tâche d'huile dans quelques salons-où-l'on-cause de votre organisme préféré : il semblerait que Monseigneur Hervé Drouet, sa sainteté sérénissime des Caf, soit venu en balade dans les locaux de la Caf 33. Quelques chanceuses béatifiées ont eu l'immense honneur de l'entre-apercevoir dans l'alcôve des convives privilégiés jouxtant la salle de repas des salariés pauvres de la Caisse, aux environs de 12h50-13h00 du calendrier grégorien. Vous admettrez fort aise que bien entendu et pour de simples raisons d'hygiène et de sécurité, les mets qui lui ont été servis étaient différents de ceux jetés dans les assiettes des modestes travailleurs de la France d'en bas. Après cette histoire ô combien surprenante de grippe A, il ne faudrait pas entacher notre notoriété d'une gastro foudroyante (d'autant plus et vous le savez que les toilettes du zéro n'ont plus une excellente réputation).

On ne connaît pas pour l'heure le motif de cette visite ni l'impact que l'Aura véhiculée a eu sur le travail des agents car visiblement trop peu d'entre eux étaient au courant de l'arrivée en terre sainte du Messie. On pouvait toutefois remarquer que certains et certaines s'étaient appliqués à arborer leurs plus fières tenues de gala, car c'est lors des réceptions de l'ambassadeur qu'il convient de faire la plus parfaite des impressions. Le chiffre sont bons mais pas seulement...

Qu'est-il venu sauver? Pourquoi ne frappe-t-'il pas avant d'entrer? Dieu connaît-il la peur?

Autant de questions existentielles qui restent en suspend à cet instant.

Qui sait, peut être que demain nous apprendrons qu'Hervé aura su nous entendre avant même que nous lui ayons parlé. Les miracles existent, l'Aquitaine en a été témoin aujourd'hui. Dieu est grand et nous sommes si faibles comparé à lui. Voici d'ailleurs ce qui m'a conforté à manger dans le petit réfectoire bondé d'à peine plus de 10m².
Soyez le bienvenu Monsieur Drouet. A bientôt.





Par Petit Technicien N3 - Publié dans : Ce qui se passe chez nous, à la Caf 33
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