Mardi 7 juillet 2009



Ce matin, quelle ne fut pas ma surprise en arrivant à mon poste. Je croyais que quelques collègues potaches m'avaient fait une blague en posant sur mon micro le présent document. Rahhh les collègues sont parfois drôle je vous assure. Hihihihihihi.



Avouez qu'à 7h30 pétante ça donne le sourire et pas besoin d'ami ricoré pour bien commencer la journée. Bref un mardi qui démarre dans l'euphorie et la bonne humeur malgré le RSA et mon petit salaire de misère. Je me contente de très peu comme vous pouvez le voir.
Mais bon, une fois le rire retombé, je détourne mon regard et constate avec surprise que l'humour ne m'était pas seul destiné puisque tous mes camarades avaient le papier sur leurs bureaux. J'étais déçu d'avoir perdu l'exclusivité . Voilà comment un smiley succède à un autre. Mais ce n'était qu'un début.
Car la photocopie avait un verso que je vous laisse le loisir de contempler.

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Là tout d'un coup j'ai moins ris. J'ai presque eu l'envie de rentrer chez moi. Le message se voulait pourtant joyeux et festif au recto.
On se félicite d'avoir obtenu un intéressement majoré de 50% d'un montant de 691€ nets pour tous y compris mon directeur. Magnifique, un grand merci à la CFDT pour cette manne financière que mon directeur ne doit pas sentir passer contrairement à moi. A dire vrai je crois que sans prime je ne viendrai pas bosser tant ce sont elles qui me font passablement sortir la tête de l'eau mais qui me couleront définitivement lorsqu'à la retraite elles n'auront jamais été comptabilisées , à la différence de mon petit salaire.
Alors super, maintenant on se congratule d'un truc obtenu, acquis et versé. Mais dans le même temps on ne nous informe pas de ce que les salariés réclament expressément et qui relève de la compétence de nos représentants syndicaux : la réintégration de la prime d'accueil de 15%, l'amélioration des conditions de travail, l'augmentation de la valeur du point, l'attribution de niveaux supérieurs pour les plus bas salaires, la reconnaissance de nos difficultés en particulier à la suite de la mise en place du RSA.... et j'en passe une liste longue comme le bras.
Les idées revendicatives ne manquent pas mais bon visiblement certains se contentent du strict minimum et l'affichent en couleur sur nos bureaux.
On ne vit pas les mêmes choses, les mêmes réalités. On ne communique pas sur ce que sont nos exigences. C'est un réel frein à l'évolution sociale dans nos organismes et la progression de nos métiers.

Alors moi je dis MERCI aux agents d'avoir contribué à l'accomplissement des objectifs de la COG malgré les difficultés et j'invite les syndicats à enfin mettre en exergue les attentes des salariés les plus modestes. Ces derniers ne peuvent se contenter de rester pauvres voire d'intégrer le RSA que notre cher directeur niait bêtement dans notre organisme.
Aujourd'hui c'est plus la morosité qui s'exprime dans les services que la joie. Il faudrait descendre à la rencontre des agents pour s'en convaincre. Le dialogue passe aussi par nous. C'est pour cela que vous êtes élus.




Par Petit Technicien N3 - Publié dans : Ce qui se passe chez nous, à la Caf 33
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Jeudi 2 juillet 2009




On imaginait l'afflux de demandes imminent mais nos décideurs semblent déçus par l'impact du RSA. C'est qu'ils ne doivent pas se rendre souvent au téléphone ou au guichet pour constater les dégâts. Non, les statistiques qu'on veut bien leur transmettre sont au vert clair. Tout baigne.
Pas grave ce sera partie remise et ils se rendront bien compte de l'ampleur du phénomène et de la tâche ardue qu'il nous faudra accomplir et que nous accomplissons d'ores et déjà dans les faits.
Croyez moi, ça ne va pas s'arrêter là et on peut se féliciter d'avoir déjà su gérer nous-même la mise en place nationale d'une nouvelle prestation globale.
L'instruction est une nouvelle compétence du Technicien-Conseil, elle l'est aussi pour les Caf qui se voient allouer une contrepartie financière non négligeable (voir encadré). Mais nous qui faisons ce nouveau métier non inclus dans notre grille professionnelle, qu'avons nous obtenu en retour? A la Caf de la Gironde RIEN !! On s'y attendait mais on ne baisse pas les bras pour autant. Et ailleurs, les Directions font-elles aussi les sourdes oreilles? 

Venez en discuter sur le Forum : 
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Par Petit Technicien N3 - Publié dans : Ce qui se passe ailleurs, à la Caf.
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Mercredi 24 juin 2009





On savait que le RSA nous mettrait dans la difficulté, c'était trop beau pour être vrai. Les discours lissés nous promettaient monts et merveilles tant pour nous que pour les allocataires. Dans la réalité on se retrouve submergés, à essayer de traiter une prestation que l'on ne maîtrise absolument pas et pour laquelle rien n'est vraiment calé. Il suffit de regarder les revirements législatifs sur les pensions à réclamer aux ascendants, ou encore les délégations du Conseil Général qui peinent à être transmises alors que le paiement devra intervenir début juillet, et j'en passe.
Bref ça nous tombe dessus et ça n'est pas la joie, nous le savions tous sauf nos chers décideurs, une fois de plus cloisonnés dans leur bulle rose et bleue.
Résultat des courses, sur site d'accueil on doit faire le travail classique de réception, normal c'est notre mission, mais en plus il nous faut prendre des rendez-vous RSA (10mn pour la prise de contact) et instruire des dossiers que même des CCAS jusque là compétents en RMI ne veulent plus prendre à leur charge. On nous demande de faire le travail d'une assistante sociale avec un niveau de rémunération moindre, c'est pas beau ça...
La situation n'était déjà pas évidente à l'accueil avant la mise en place du RSA et désormais on nous en rajoute une couche. Nous nous trouvions méprisés, sous-payés, non reconnus avec nos tâches d'alors. Pour reconnaître notre métier et ses difficultés inhérentes notre directeur n'avait rien trouvé de mieux que de nous sucrer la prime de 15% qui existait depuis 1996. C'est désormais chose acquise et d'ailleurs c'est le statu quo depuis avril sur le sujet. On sait à présent de sa part qu'il faudra nous en contenter et ne plus espérer de miettes.
Mais tout cela c'était avant juin 2009, avant ce fameux RSA dont ils sont fiers et sûrs comme de nos compétences. D'ailleurs ils nous en donnent de nouvelles, comme si nous n'en n'avions pas assez. Mais ils le font sans contrepartie, pour ne pas changer. Déjà qu'on leur coûte moins cher, il ne faudrait pas changer leur concept et accroître les cadences avec une carotte derrière. Cela pourrait nous motiver, vous vous rendez-compte.
Alors résultat des courses, la colère gronde sur les Points Relais. Les agents demandent à être enfin entendus et reconnus plutôt que traités comme de simples forces productrices.

Voici le message qui a été envoyé sur les différents sites d'accueil et transmis à l'encadrement guichet. C'est suffisamment clair, concis pour que j'ai besoin de vous en faire l'analyse.


Bonjour,

Suite à notre communication téléphonique, nous venons te confirmer nos craintes, nos interrogations grandissantes de jour en jour quant à notre prise en charge du RSA.

La surcharge de travail engendrée par cette nouvelle prestation ( tests d'éligibilté, premiers contacts, instructions, enregistrement des données socio-professionnelles, conseils à l'allocataire...)
ne nous paraît pas compatible avec la configuration actuelle de l'équipe ( 3 personnes ), le respect de nos engagements de service (temps d'attente), et la bonne santé morale et physique des agents d'accueil !!!!
De plus, nous souhaiterions avoir connaissance des anomalies existantes et de leurs conséquences sur les paiements mensuels afin de mieux nous préparer aux mécontentements (et c'est un euphémisme !) qui ne manqueront pas de surgir dés la semaine du 05 juillet.

Enfin, nous avons le sentiment de prendre à notre charge (sans formation et sans contrepartie financiére) un pan entier de la compétence des travailleurs sociaux.
Il serait en effet naïf de penser que nos allocataires vont répondre par oui ou par non à des questions relevant de leur santé pysique, morale, de l'accompagnement éducatif de leurs enfants....
Ces questionnements vont nous amener bien au-delà de ce pourquoi nous sommes formés et pour lequel nous avons postulé.

Dans ce contexte, nous pensons mériter une sérieuse prise en compte de nos inquiétudes et obtenir des réponses concrètes.

Cordialement,



Et voici un autre message envoyé cette fois-ci par le syndicat FO sur le même thème.


R S A

INSTRUCTION A L ACCUEIL

Tension , pression, surcharge , organisation défaillante , formation sur l'outil au jour le jour , stress , rendez vous trop court , pas de remplacement pendant le rendez vous , manque d'infos face à l'instruction , augmentation du temps d'attente ...

Dans ce contexte , les représentants FO ont rencontrés le directeur le 23 juin 2009 afin de faire état des difficultés et interrogations des techniciens sur point relais. Nous avons demandé :

- Le maintien de l'effectif habituel des techniciens

-L'envoi d'un technicien supplémentaire pour assurer les rendez vous

- L'amélioration des plages de rendez vous

- La formation en amont sur l'outil par un cadre et non par des agents (pas de maîtrise de l'outil)

- La banalisation des entretiens , pas d'isolement  pour répondre au questionnaire

- Une meilleure information

Mr le directeur , indique qu'un debriefing va être réalisé en fin de semaine avec les techniciens et une organisation sera mise en place afin d'assurer l'accueil dans le respect des engagements de service et l'instruction du R S A  en prenant en compte les inquiétudes des agents .



Dommage que la revendication salariale soit passée à  la trappe car on sait aujourd'hui que le nerf de la guerre c'est le pognon. Je ne me fais guère d'illusion sur ses prochaines décisions tant que nous n'aurons pas tapé un grand coup dans le système en place.

Venez toujours plus nombreux en débattre sur le forum.
Par Petit Technicien N3 - Publié dans : Ce qui se passe chez nous, à la Caf 33
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Mardi 12 mai 2009





Information divulguée en exclusivité sur le forum à cette adresse (inscription nécessaire) par annuairesecu dont je tiens à vanter les qualités de son site internet sur les rouages de la Sécurité Sociale (http://www.annuaire-secu.com).

Ainsi donc, la prochaine prime d'intéressement versée à tous les personnels des organismes de Sécu est désormais officiellement calculée et comme de coutume son versement devrait intervenir avant la fin juin.
Pour la branche Famille et le listing de l'ensemble des Caf il convient de se référer à ce lien :
http://www.annuaire-secu.com/pdf/Branche-famille-interessement2008.pdf

Il en ressort pour la Caf 33 un montant de prime de 750€ bruts soit 690€ nets pour un temps plein exercé en 2008 entre janvier et décembre et ce, sans aucune journée maladie, ce revenu n'étant soumis qu'à prélèvement de CSG et de CRDS pour un total de 8%.
Notons que la masse financière allouée à l'intéressement a augmenté de 69% entre 2007 et 2008 à la suite des accords signés en juin de l'année dernière. Nous vous en parlions sur ce blog.

Enfin, rappelons que la prime se décompose en deux volets distincts de mesure de la performance : la part nationale et la part locale.
Il est amusant de constater que la part nationale est parfaitement remplie par la Caf de la Gironde mais qu'en revanche un critère fait défaut du côté de la part locale, nous privant ainsi du montant total de la prime, soit 791€ bruts. Les 41€ de perdus le sont de l'irrespect du taux de 8.25% de la qualité de la prévision budgétaire des prestations de service.
Et dire qu'on nous accusait l'an dernier de mettre en péril ladite prime du fait de notre mouvement de mécontentement alors que le critère qui n'est pas respecté résulte d'un organe autre que celui de la production. C'est un peu l'hospice qui se moque de la charité.

Par Petit Technicien N3 - Publié dans : Ce qui se passe chez nous, à la Caf 33
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Mardi 5 mai 2009



Vade retro Vademecaf...




Je vous en parlais hier telle une coïncidence troublante avec notre actualité du jour, à défaut de budget pour rémunérer à la hauteur ses salariés les plus pauvres, la Caf 33 sait aussi récompenser comme il se doit ses stagiaires méritants qui durant plusieurs mois s'accrochent, se motivent, donnent le meilleur d'eux-mêmes dans le but d'obtenir le fameux diplôme Vademecaf tant convoité.

Pendant toute cette période ils sont rémunérés au niveau le plus bas de l'échelle sociale de l'organisme, à savoir le niveau 2. Un niveau tellement ingrat et ridicule d'ailleurs qu'on a dû l'affubler d'une prime de 4% afin de lui faire sortir la tête de l'eau, enfin du SMIC plutôt. 
Imaginez-vous un peu, des salariés à temps-plein payés moins bien que le salaire minimum légal. Ça s'est déjà vu je vous rassure et pas seulement dans le tiers monde.
Mais revenons à nos moutons, ou devrais-je dire à nos stagiaire en pleine croissance et formation, qui triment avec ce salaire misérable dans l'espoir que les prochains mois deviennent plus supportables économiquement, une fois le précieux sésame décroché. Et pour bien les faire languir du graal qu'ils finiront bien par atteindre, on les met en validation durant près de 6 mois après même l'obtention du diplôme. Y'a aucune raison de se priver d'une main d'oeuvre bon marché, nouvellement qualifiée, qu'on peut sous-payer encore un peu pour des missions pourtant maîtrisées et définitivement acquises. Pas grave de toute façon puisqu'après cette période ils l'auront ce niveau 3 et ils seront riches à millions.
Oui...mais non en fait !!! puisque le passage du niveau 2 à niveau 3, tout ce travail de formation, d'acquisition de compétences sanctionnées par un diplôme ne leur fera gagner que 32.03€ bruts. Je n'ose pas imaginer le net, tous ces euros sonnants et trébuchants dans l'escarcelle, toutes ces baguettes de pain économisées en 2009 et reversées aux fisc l'année suivante.
Amusant de savoir que le budget ne permet toujours pas le paiement de cette majoration colossale de rémunération. On comprend à présent pourquoi il faut l'aval des plus hautes instances budgétaires, l'excuse est acceptée.


Mais pourquoi une si petite gratification me direz-vous?
Tout simplement parce que leur tout nouveau niveau 3 (non payé encore) ne prend désormais plus en compte la prime de 4% de précarité de bas salaire qu'on leur attribuait au niveau 2. Dans ce statut précédent ils étaient déjà bien assez riches pour qu'on veuille bien en ajouter une couche.
Mais quel est désormais l'intérêt pour un salarié de progresser, d'acquérir de nouvelles compétences, de faire une formation qualifiante, quand dans le même temps on se moque de son parcours, on le laisse un peu plus pauvre plus longtemps pour le laisser devenir pauvre indéfiniment.
La politique rémunératrice appliquée aux stagiaires est à l'image de ce qui se fait dans tous les services. On tire sur la corde au maximum, on pousse chacun à s'investir sans rien en retour, juste pour le fun de subir des pressions qui ne donneront jamais le fruit des labeurs qu'on aura su leur attribuer.
Et dire que dans d'autres organismes de la sécurité sociale on est embauché au niveau 3 dès le premier jour pour ensuite acquérir immédiatement le niveau 4 et ce, dès l'obtention du diplôme Vademecaf. 
Sans compter qu'il faudra se contenter de ce salaire sans pouvoir obtenir un quelconque point de compétence durant 2 ans. Voici là une autre application de la politique salariale locale. On est formé, qualifié et on se tape 1100€ de salaire nets par mois. Yeah ca donne envie de s'impliquer. Et quand on sait que la convention collective nous refuse le droit à un travail annexe on en reste bouche bée. Il fut certainement un temps aprés 1957 où les salaires étaient mieux perçus qu'aujourd'hui, suffisants pour vivre.

Mais tout cela est-il bien légal? Pas sûr si on en lit la convention collective et ses articles relatif à l'Evolution de carrière, un mot vide de sens de nos jours. 
En effet l'art. 33 dispose que
dès sa prise de fonctions l'agent bénéficie d'une rémunération supérieure d'au moins 5% à celle servie dans son emploi avant la promotion, y compris les points d'expérience et de compétences.





Avec une trentaine d'euros d'augmentation on est bien loin des 5% minimum...




Par Petit Technicien N3 - Publié dans : Ce qui se passe chez nous, à la Caf 33
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